Trading de niveaux

Il arrive assez souvent de m’interroger sur le pourquoi du comment sans y trouver d’explication. Notamment lors des sessions de trading.

Comme certains d’entre vous, je spécule sur des niveaux de prix. Mais la question est de savoir comment les déterminer.

Il existe autant d’outils que de traders. Certains utilisent les moyennes mobiles, d’autres des indicateurs de type oscillateur, d’autres les volumes, d’autres le tape etc etc…

En fait, l’immense majorité de ces indicateurs se base sur le prix, le volume et/ou le temps. Ni plus ni moins.

L’idée est donc de filtrer ses données afin d’en faciliter la lecture.

Le premier problème pour la majorité des indicateurs classique (de type oscillateur ou moyenne mobile etc) est le lag. Beaucoup d’intervenants ne basent leur décisions que sur ces filtres sans considérer l’action des prix elle-même. Le fait même de filtrer les cours implique toujours du retard. L’idée avancée est alors de régler les variables au minimum afin d’en diminuer le lag. Malheureusement de tels réglages génèrent nettement plus de bruits et donc plus de faux signaux.

Le second problème réside souvent dans l’utilisation elle-même de ces indicateurs. Je pense qu’une grande partie du retail a une lecture classique voire basique de ces filtres numériques. Si RSI>70 alors vente et si RSI<30 alors achat. Sans se douter que si RSI>70 ne signifie pas un surachat mais peut-être bien une continuation haussière. Bref, de la libre interprétation si ce n’est un manque flagrant de curiosité…

Vous avez également d’autres approches basées sur la distribution des volumes et le flux des ordres, et qui permettent de déceler les zones de prix par la compréhension de la microstructure (footprint, carnet d’ordres, tape, volume profile…). C’est en déterminant ce qui crée les mouvements d’un marché (l’offre et la demande mais également la liquidité) que le trader apprend à savoir où et comment agir. Vous pouvez trouver beaucoup d’informations à ce sujet sur le forum de Bigmike. Mais attention, il s’agit de ne pas suivre aveuglément ce que l’on trouve sur le net.

Cette méthodologie est quasi exclusive au trading sur les futures et plutôt élitiste quant à son coût financier. Car outre le prix d’un bon flux (IQFeed par exemple), il faut inclure celui des logiciels (marketdelta ou sierra chart ou ninja ou multicharts) ainsi que quelques addons spécialisés (jigsaw, squawk box, etc), sans même parler du capital alloué qui doit être plutôt conséquent. Je ne pense donc pas que ce type de trading s’accorde à toutes les bourses et à n’importe quel profil.

Quoiqu’il en soit, ici aussi, il s’agit de connaître son outil. Par exemple, si vous travaillez uniquement au carnet, il est évident que si vous ne vous basez que sur les ordres limites apparaissant dans la profondeur du DOM, vous allez vous faire hacher menu. En 2009, les gros ordres qui apparaissaient et sur lesquels vous pouviez appliquer un technique de leaning, ça ne fonctionne plus. En tous cas pas systématiquement et pas sur cette seule base d’information. En effet, qui vous dit qu’il ne va pas disparaître, qu’il ne s’agit pas de spoofing? Ne croyez pas tout ce que vous pouvez lire. Il n’y a aucune vérité absolue sinon la vôtre et la mienne.

Il y aurait beaucoup à dire et là n’est pas le sujet de cet article. En un mot, il ne faut pas trop rentrer dans le moule et surtout ne jamais prendre pour argent comptant ce que nous lisons (surtout sur internet). Après tout, vous ne trouvez quasiment que des redites d’un site à l’autre. Du copier/coller voire du copinage (d’ailleurs je vais faire un article sur l’atmosphère clanique des blogs et sites de trading…).

Bref, nous parlions des niveaux de prix qui se déterminent donc avec n’importe quel outil. Mais il s’agit avant tout d’une question de feeling (avec quel indicateur êtes-vous le plus à l’aise?), de marché (on ne traite pas tout à fait les cfds comme les futures ou comme les actions) et bien évidemment d’expérience.

Personnellement, ne pouvant pas utiliser de CO sur les cfds, j’ai opté pour utiliser le tape de sierra pour déterminer les accélérations et vitesses des flux d’ordres. Il faut savoir s’adapter.

Tape

La colonne « volume » n’indique que les ticks. Totalement inutile!

Je ne peux plus regarder les volumes (y en a pas!) mais peu importe. Le tout étant de trouver la rythmique du marché. Une fois cette dernière assimilée, il s’agira alors de déterminer les zones de distribution et d’accumulation… Mais comment faire sans volume????

Et bien en fait c’est très simple et vous le savez déjà.

Il suffit de repérer les anciennes zones de support/résistance. Un travail d’observation permet de définir à l’avance les niveaux travaillés. Et si vous avez un logiciel un tant soit peu évolué, vous pouvez même lui faire faire le travail à votre place d’autant plus si vous accordez quelque importance à l’analyse comportementale.

Il ne s’agit finalement ni plus ni moins que d’un dogme. Aucune preuve, aucun fait, juste de l’observation et la conviction que le marché est inefficient par moment parce que l’être humain a besoin de cadres, de repères pour pouvoir s’orienter. Je parle de points pivots, d’ouverture, de clôture, de plus haut, de plus bas, de chiffres ronds etc… Mais n’importe quelles autres niveaux de prix peuvent faire l’affaire. Peu importe la vitesse, qui a la plus grosse, quel est le meilleur algorithme. Le principal est d’avoir une réaction des cours sur des zones de prix. Qu’importe l’entité derrière tout ça et qu’importe sa raison. Notre intérêt est de savoir où agir.

Je vais prendre l’exemple d’aujourd’hui (nous sommes le 19 novembre 2014):

niveaux de prix

Sur le range entre ~10h30 – 12h. Je crois qu’il n’y a pas plus explicite. Vous avez le + haut de la veille (tirets verts), vous avez la clôture (tirets violets) et les 9500 (ligne grise). Inutile d’être devin pour déterminer les entrées/sorties/stops.

Vous n’êtes pas convaincus et vous avez tout à fait raison. Prenons un autre exemple, celui du 13 novembre 2014 entre ~20h et 21h:

 

niveaux de trading

Tirets violets = clôture de la veille.

Grosses lignes bleues bien grasses= Points Of  Control des market et volume profile de la veille.

Lignes grises= 9250 et 9220 (que l’on ne voit pas car recouverte par la ligne bleue).

Certes, je n’ai pas pris cette capture au hasard…

Et bien évidemment, vous avez aussi énormément de contre exemples où cela ne fonctionne pas. Exemple du 15 septembre entre ~13h et 14h:

pivots fonctionnent pas

Mais rien ne vaut l’exemple par la pratique:

seul scalp du jour

Par exemple, aujourd’hui, je n’ai quasiment pas spéculé. Je n’ai fait qu’un seul scalp. (Désolé pour la petitesse de la capture d’image mais il s’agit d’une image que j’avais envoyée sur Twitter).

Le contexte était baissier et j’ai shorté sur un retracement. Pas n’importe où mais sur le volPOC. L’idée était de revenir vers les 50. Je suis sorti sur un ordre limite placé à 52 car, d’expérience, il arrive souvent que les cours rebondissent juste avant mon niveau de prix. C’est pourquoi je préfère parler de zone. Vous aurez toujours des individus/groupes/systèmes qui anticiperont un mouvement et dont les trades se placeront devant vous. Du moins c’est ce que je pense. En somme, je préfère prendre un gain légèrement inférieur à mon analyse initiale. L’average trade diminue mais le pourcentage de gains augmentent. Quant au profit factor, je ne saurais dire, il a probablement diminué mais il est difficile de quantifier cette donnée car je n’ai pas de comparatif.

Pour en finir avec cet article, le terme « niveau » n’est pas tout à fait approprié. Il vaudrait mieux employer le terme de zone.

L’objectif n’est pas de vous convaincre que ma façon de travailler est la meilleure. Loin de là. Je ne suis vraiment pas infaillible. Mais ce travail de réaction des cours sur certaines zones de prix est la méthodologie avec laquelle je suis le plus à l’aise.Je veux juste vous inciter à vous pencher dessus. Peut-être y trouverez-vous matière à réflexion et pourrez l’adapter à votre propre style.

@++

 

Footprint & niveaux de prix

Je suis toujours en « vacances ». J’évite allègrement de trader lors des périodes estivales. La volatilité n’est pas toujours la même et cela fait du bien d’être loin du stress du marché.

Sauf qu’hier au soir vers 21h, en testant quelques idées sur l’YM, je suis tombé sur ça:

Un magnifique range sur l’ensemble des marchés. Certes, peu de volatilité, mais des signaux somme toute assez clairs, bien délimités par les supports/résistances habituels (OHCL de la veille, points pivots etc…). Je ne trace rien à la main, tout est prédéterminé par le logiciel. C’est que je suis d’une fainéantise crasse voyez-vous, je préfère déléguer les tâches rébarbatives au silicium plutôt qu’à l’organique…

Étant donné le peu de volatilité et de volume, je me suis essayé à quelques tests d’idées en m’appuyant sur une représentation en footprint.

Les récentes mises à jour de Sierra Chart et notamment la 874 permet d’obtenir des données plus précises quant aux volumes intraday depuis TT. Certes, ce n’est toujours pas aussi fiable qu’IQFeed, notamment lors des accélérations, mais c’est amplement suffisant pour se faire une idée du marché pour pouvoir appuyer ses stratégies sur un tel flux.

Or donc hier au soir, vu le contexte technique, je n’ai pas pu résister à passer quelques ordres.

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Distribution, footprint et $TICK

Voilà un trade qui aurait dû être parfait.

Sauf que comme un âne, je l’ai coupé trop vite, le stress inhérent à la durée de la position a eu raison de ma volonté.

Voici donc un setup, très facile à prendre, tout ce qu’il y a de plus technique, un cas d’école si j’ose dire.

Nul besoin d’AT, juste d’observation.

DONC il s’agit là d’un cas typique de phase de distribution.

Qu’est-ce qu’une phase de distribution?

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Occam revenge

Bon parfois il ne sert à rien de faire de grandes phrases lorsque seule l’image suffit…

explication résistances_supports

Le range établit entre 54 et 71 n’était pas visible juste avec les OHCL et pivots habituels.

Je me posais la question de savoir pourquoi.

Alors très souvent, il m’a été rétorqué que le marché faisait exactement ce qu’il voulait où il le voulait quand il le voulait.

Je suis tout à fait d’accord avec ce type d’assertion.

Mais j’ai toujours estimé qu’il y avait une explication.

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Adaptation

Lorsque je parle de « setup », entendez par là un signal spécifique donné par le marché (accélération, grosse main, volume, corrélation ou décorrélation, points pivots, absorption etc…) imbriqué ou non avec un ou plusieurs autres signaux, selon le contexte sous jacent aux évènements économiques, politiques et techniques mais également en fonction du cycle horaire. Cela me permet de définir un point d’entrée, un stop technique, un stop mécanique et un objectif de zone de sortie (10 points sur l’YM et 4 points sur le FDAX).

Bien évidemment, il s’agit de hiérarchiser ces informations afin de pouvoir les appliquer à l’instant T, sans avoir recours à une réflexion poussée. Continue reading