Que faut-il à une personne pour réussir en trading? Je ne parle pas de gagner sur quelques coups, je parle de réussir régulièrement, sur le long terme.

Est-ce l’intelligence? Est-ce le travail? Ou est-ce le talent?

Je ne m’aventurerais pas à parler des vrais traders, ceux qui ont reçu une véritable formation et qui travaillent au sein des banques. Non, je parle des individus lambda, peut-être comme vous et certainement comme moi, qui se sont auto-formés et qui traitent régulièrement ou non sur les marchés financiers.

Avant de répondre à la question, laissez-moi vous expliquer un peu ce que je fais. Autant mettre tout de suite les choses au clair afin que vous sachiez où vous mettez les pieds en arrivant sur ce blog et définir oui ou non de la pertinence de cet article.

1. Je ne vis pas de mon activité de spéculateur (Hé! Ho! ne soyez pas aussi surpris, vous allez me vexer!). J’ai déjà essayé, mais je me suis pris une déculottée. (Je devrais faire un article sur ce sujet d’ailleurs: Peut-on vivre de son trading?)

2. Je ne spécule qu’une quinzaine de jours par mois. A temps plein.

3. Je gagne. Petit mais régulièrement.

4. Je suis un autodidacte (mais je pense que vous l’aviez déjà deviné).

5. Je suis nullissime en anglais et croyez-moi c’est extrêmement handicapant pour tout ce qui touche à ce domaine.

6. Je n’aime pas le terme « trader », je lui préfère celui de spéculateur (allez savoir pourquoi? Je n’aime pas les mots avec des « tr » dedans… Oui, ça doit sûrement être pour ça.)

Voiiilà! Vous me cernez un peu mieux?

Euh… Vous êtes toujours là?

Bon OK, alors, un tra… spéculateur est-il quelqu’un de foncièrement intelligent?

J’adorerais répondre oui à cette question! Malheureusement, je fais partie de ces gens qui comprennent vite à condition qu’on leur explique longtemps. Si je me fies aux autres tr… spéculateurs que je connais, il y en a un qui, franchement, (j’espère qu’il ne me lit pas) ne brille pas particulièrement par son intelligence (en fait, je crois qu’il ne se reconnaîtra même pas). Je dirais donc que ce n’est pas la qualité primordiale à ce type d’activité.

Certes, une personne intelligente comprendra plus rapidement les concepts techniques, et pourra s’atteler plus rapidement à la spéculation, mais ce n’est pas un gage de réussite. Loin s’en faut.

Est-ce du talent? Ou est-ce du travail?

Comme cité dans un article précédent, je suis un adepte du budō et je vous invite donc à lire les livres d’Eiji Yoshikawa, la parfaite lumière et la pierre et le sabre. Non seulement vous passerez un bon moment mais vous pourrez saisir toute l’essence de cette distinction entre l’inné et l’acquis.

Je pense donc bien évidemment que seul le travail mène à l’excellence. Et quand je parle de travail, je ne parle pas de parcourir le net ou les bouquins. Pas seulement. Non, il faut apprendre à comprendre, apprendre à observer, apprendre la patience, la persévérance, la discipline, la confiance en soi… il faut apprendre pour comprendre. Mais par dessus tout il faut se frotter au marché.

Cela coûte cher. Cela prend du temps. Cela nécessite une véritable implication.

Quelle est donc la qualité primordiale pour être un bon spéculateur?

La persévérance. Oui, cela me semble être la condition sine qua non. Il ne faut pas croire qu’une personne peut y arriver en quelques mois ou au bout d’une formation de quelques heures. Non, il faut surmonter les échecs, il faut chercher, observer, réfléchir, comparer, essayer, recommencer encore et encore. Cela demande du temps. Des milliers d’heures.

J’ajouterais également qu’il faut être foncièrement indépendant. Cela nécessite donc de ne pas suivre la majorité des conseils préconisés sur le net ou dans les livres.

Bon, un petit raccourci facile pour vous en démontrer la nécessité (et parce qu’il faut bien que je le case quelque part):

1er constat: De partout, il nous est rabâché qu’il faut trader dans le sens de la tendance.
2ème constat: 95% des traders échouent.
Conclusion: Il ne faut pas trader dans le sens de la tendance.

Cela vous fait-il réfléchir?

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Il me paraît nécessaire de suivre son propre chemin et de ne pas s’arrêter aux avis de tous les « pros » qui sont la plupart du temps ou des perdants ou de formidables traders… sur simulation.

Un bon spéculateur se doit donc d’être persévérant, curieux, indépendant, discipliné et confiant.

Je me considère toujours en phase d’apprentissage. Le chemin à parcourir est encore bien long, je ne sais pas si j’en verrais le bout un jour (sans doute pas). Cependant, je m’améliore chaque jour. J’avance. Petit à petit. Tout doucement. Vers la parfaite lumière…