Ah! Ah! Je vois à vos mines inquiètes ou goguenardes que vous vous demandez quel peut être le rapport entre Chantal Goya et le scalping…
Bon allez, je vous aide un peu. Matez donc cette vidéo (je vous préviens il faut tenir 1 minute et 43 secondes):
Hum! Là je vous sens un peu perdu. Hein? HEIN!?
Alors pour ceux qui se posent la question, je ne prends ni drogue ni alcool. Non parce que là je vous vois venir. Mon corps est un véritable hymne au sacré, un joyau de vertu, un temple de pureté…
Si vous écoutez bien les paroles, si vous comprenez le message subliminal alors vous savez!
L’idée m’est venue cette nuit. Comme ça: Paf!
Je n’irais pas jusqu’à dire que ce fut une révélation mais cette chanson va peut-être bouleverser ma vie de petit spéculateur. Et peut-être la vôtre aussi!
Ben oui.
Chantal Goya aurait fait un grande scalpeuse, j’en suis maintenant convaincu.
Alors? Aucune idée? Ré-écoutez la vidéo. Si! Si! Ne discutez pas, ne pensez même pas. Allez-y! Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi! Soyez sympa! Soyez cool… Si vous ne le faites pas maintenant, vous ne comprendrez pas la suite car cela parle spécifiquement de cette chanson.
Ça y est? C’est fait?
Bon alors passons au chapitre des explications.
Cette chanson s’adresse, Ô surprise, aux tous petits. Nos chères têtes blondes vivent dans un monde merveilleux où le père noël existe (Ah! Je vois que quelques uns d’entre vous y croyaient encore… Désolé!), où les monstres se cachent sous le lit ou dans l’armoire et où le coyote n’attrape et n’attrapera sans doute jamais cette saloperie de bip bip.
Quand j’étais gosse, j’y croyais dur comme fer. Mais j’avais 5 ans.
Maintenant, je suis adulte (la plupart du temps) et je sais bien que tout cela n’est pas possible.
Franchement, comment un petit machin comme ça:
Pourrait-il buter un gros bordel comme ça:
Du point de vue de la puissance, de l’intellect, des outils, de la connaissance, le chasseur aura toujours l’avantage.
Nous, adultes le savons. Les enfants, non. Et sans trop m’avancer, je subodore que les lapins ne le savent pas non plus.
Commencez-vous à voir le parallèle?
En supposant que ce soit un lapin très très intelligent, il aura beau s’entraîner et devenir le plus fort de tous les lapins, il aura beau ressembler à un tigre. Un lapin reste un lapin.
Maintenant prenons les petits spéculateurs individuels, vous et moi. On nous appelle « retail ». J’adore ce mot. Cela me fait penser à bétail. J’avoue d’ailleurs ne pas percevoir de différence…
Un petit logiciel de trading et/ou d’AT, un seul cerveau, des connaissances souvent partielles (d’aucuns diront des croyances), une connexion adsl, et l’assurance de faire partie des 5 ou 10% de gagnants. Plein de rêves et d’espoirs (un tas de biftons ou un tas de carottes, c’est pareil).
Le retail ressemble beaucoup à notre lapin. Enfin, à celui de Chantal.
Maintenant prenons des grosses sociétés telles que Goldman Sachs, Citigroup, Getco, UBS, etc… avec leurs batteries d’économistes, d’ingénieurs, de scientifiques, de chercheurs, leurs fonds colossaux (si vous ne me suivez pas sur twitter, je ne puis que vous conseiller de lire le dernier article du blog de Jennifer Nille), leurs datas centers et leur proximité avec les bourses et vous aurez une idée de leur puissance.
Ces grosses firmes s’apparentent énormément au chasseur. Mais pas à celui de Chantal.
Le problème avec les lapins c’est que même en se réunissant, ils ne peuvent vaincre le chasseur. L’esprit communautaire n’est qu’une façade car en définitive tout un chacun pense à sa propre carotte voire à celle du voisin.
Mais le pire c’est que tous les lapins rêvent de devenir plus fort que le chasseur. De pouvoir le vaincre.
C’est dingue non? Et pourtant, c’est ce que nous faisons chaque jour! Nous allons sur les marchés et nous nous frottons aux plus forts en espérant les battre.
Malheureusement, le parallèle ne s’arrête pas là.
Si l’environnement extérieur est hautement risqué, le plus grand danger sommeille en chacun de nous. Car tout lapin que nous sommes, il demeure au plus profond de notre être, de redoutables ennemis que sont la cupidité et la peur:
Certes, il s’agit d’un thème récurrent sur ce blog. Je me répète, je radote mais je m’en fous.
Lorsque le petit lapin, dans son environnement naturel, entouré de renards, de hiboux, de lynx ou de loups, de tous nos amis chasseurs, loupe une carotte bien juteuse, il va être frustré. Il a faim et il a loupé sa carotte! Quel supplice!
En s’approchant d’une deuxième carotte, toujours très prudemment, cette dernière se dérobe à lui à la dernière seconde, emportée par une fichue taupe. Oui celle-ci est amatrice de carottes, elle est un peu spéciale, genre euh… chipeuse de carottes… Bon, on s’en fout de la bestiole! Ce qui compte c’est que le lapin, il est super frustré là! Et du coup, il ne fait plus du tout attention à son environnement, complètement accaparé par sa faim et son envie de revanche.
Dès qu’il voit une troisième carotte même toute filandreuse, rachitique et dégueulasse, il se jette dessus, faisant fi de toute prudence.
Et ben, j’vous le donne en mille! Le lapin! Y s’fait bouffer.
Ah! Comme nous sommes des adultes, observateurs sans être acteurs, il nous est permis de juger ce pauvre lapin et son inepte envie de carotte.
Mais lorsque je supprime un stop parce que je me suis pris une perte juste avant, je réagis comme ce crétin de lapin. Je réagis de façon toute aussi subtile.
La morale de toute cette histoire, à supposer qu’il y en ait une, est que si nous ne conservons pas une vision globale de l’activité de spéculation, si nous ne prenons pas de distance vis à vis de nous-même, c’est l’enfer qui nous attend. Je parle en toute connaissance de cause. Lorsque je vire un stop, ce n’est pas un acte réfléchi. Je sais également que derrière je vais entrer en mode espoir. Ce mode espoir se traduit par un stress intense, aliénant (tant à la position qu’au ressenti), engendrant une fatigue émotionnelle et physique d’autant plus viscérale que la durée de la position perdante s’étend et perdure. Lorsque l’on prend sa perte, le soulagement est immédiat.
Alors pourquoi faire sauter ses stops si c’est pour vivre ce genre d’expérience? Émotionnellement et financièrement parlant, toutes les fois où je n’ai pas respecté mon stop et où j’ai gagné ne comblent pas une seule perte du même acabit. Pas une seule!
Penser que l’on va s’en sortir en prenant plus de risques est idiot.
C’est aussi bête que de penser un lapin capable de vaincre des adversaires incommensurablement plus fort que lui? Un enfant de 5 ans a le droit d’y croire. Mais un adulte?
Bon, je peux vous le dire maintenant, vous n’étiez pas obligé de regarder la vidéo. Mais pour bien saisir toute la quintessence de ma « pensée philosophique » et, à priori, celle de Chantal Goya, et peut-être, je dis bien peut-être, pour également vous ancrer cette satanée musique dans votre crâne pour le restant de la semaine ou pour tout le weekend, il vous fallait voir, écouter et savourer cette vidéo.(mention spéciale à ceux qui l’ont regardé au moins deux fois: je vous plains. Sincèrement.)
Et merci à Chantal Goya.
PS: pas de scalping actuellement. Trop de stupidités à écrire boulot.





Bj,
Un trader pour survivre ne doit pas chercher à tuer le chasseur mais à tuer dans la meme direction que lui…
en attendant , il doit commencer à combattre ses faiblesse voir meme sa nature de lapin pour qu’au moins il ressemblera au lapin avec peau de tigre (lol).
a+
Bonsoir,
on ne peut pas rivaliser avec les pro (c’est un fait) ne serait-ce que par l’infrastructure etc
Cependant les bougres vont pas chercher mon stop a moi précisément juste pour m’emmerder mais ils savent où se trouvent la plupart des stops.
Comme dit guerrier on est des petits poissons, essayons d’être derrière eux plutôt que devant!!!!
Nous sommes bien d’accord.
Mais là votre pensée est rationnelle et à froid.
Sauf qu’en pleine session, il arrive que le lapin crétin qui sommeille en nous, prenne le dessus. Une seule fois suffit. Une fois de trop. Et nos réactions sont très proches de la chimère du lapin qui a tué un chasseur (et d’un partie de la « réflexion » menée dans cet article).
En considérant le non respect du plan de trading non pas comme un acte seulement irréfléchi mais également comme une décision particulièrement stupide, je pense pouvoir combattre le feu par le feu.
En d’autres mots, si la fierté pousse à ne pas accepter d’avoir tort (stop supprimé ou repoussé par exemple), elle peut également pousser à ne pas vouloir agir de la sorte en considérant l’acte comme stupide.
Bref, plutôt qu’à rechercher la confrontation avec soi-même, je pense qu’il faut chercher à canaliser ou même éviter toute lutte interne.
Il faut donc trouver le bon levier.
Mon trade de vendredi dernier (celui sur la news US du 7 octobre) a été particulièrement marqué du sceau de l’imbécilité. Ma fierté en a pris un coup. Non pas d’avoir perdu une partie de mes gains mais bien d’avoir pris une suite de décisions stupides.
Et mes actes font de moi ce que je suis. Ressentir ma propre stupidité est insupportable pour mon ego. Bien plus que de prendre une perte réfléchie et prévisible.
Je suis en mesure de maîtriser mes pertes. C’est la seule chose sûre en trading.
Il y aurait encore beaucoup à dire.
Bon w-e.
Salut Franck,
Tres bon article, je me suis bien marré (et reconnu)…
@guerrier le lapin a surement moins de faiblesses que nous. Il faut avoir une sacree paire pour se ronger la patte et se defaire du piege.
A+
Merci Choup.
Y a pas à dire, ça a les dents longues, les lapins…
Très bel article ! Je me suis reconnu dedans. Il y a quelques années, je jouais beaucoup aux courses de chevaux et pareil, je me prenais pour un lapin pensant pouvoir battre les 5% de joueurs professionnels qui se nourrissent des petits parieurs.
Maintenant, j’ai bien compris que je ne pouvais pas gagner, et j’ai arrêté de jouer. Le père Noël n’existe pas, non
Quant à la Bourse, j’ose même pas y penser !!!