Scalping

 

Définition du scalping:

 

Le scalping est un mode d’intervention sur les marchés financiers, et plus particulièrement sur les futures, consistant à multiplier les allers retours, d’une dizaine à plusieurs centaines par jour, durant un laps de temps très limité (de quelques secondes à 1 minute).

Le scalper travaille la micro-structure du marché, ses gains comme ses pertes sont donc généralement limitées.

Avantages et inconvénients du scalping:

 

Les avantages de ce type d’approche sont multiples:

 

  1. Les opportunités journalières sont très nombreuses.
  2. Le pourcentage de trades gagnants est très élevé (> 80%  en moyenne).
  3. Les pertes sont très limitées.
  4. Le trading est plus intense, bien moins ennuyeux.
  5. Acquisition de l’expérience plus rapide.

Les inconvénients sont:

 

  1. Les gains limités.
  2. Il faut avoir beaucoup de disponibilité.
  3. Nécessité d’une très bonne méthode.
  4. Nécessité d’être très réactif.
  5. Nécessité d’une grande rigueur.
  6. Très grande concentration et donc fatigue en conséquence.
  7. Frais de courtage très importants pouvant fortement impacter les bénéfices

 

Les techniques de scalping:

 

Il existe autant de techniques que d’intervenants. Inutile de vous dresser un listing complet des méthodologies que l’on trouve sur le net. Aucune ne fonctionnera. On me demande souvent également quelles méthodes j’utilise. Je ne répondrais jamais à cette question. Si vous aviez un avantage concurrentiel,  vous le donneriez gratuitement aux entreprises traitant sur le même créneau que vous? Non? Et bien c’est pareil pour moi.

Par contre dévoiler les outils que j’utilise n’a rien de secret, tout le monde les connaît plus ou moins. Moins que plus d’ailleurs. Comme partout cela demande juste du travail et de l’observation. C’est tout.

Je pars du principe qu’un scalpeur a besoin de réactivité. Certains y parviennent avec l’AT grâce à une utilisation inédite de ce genre d’approche. Personnellement, je préfère employer le carnet d’ordres, les points pivots et un peu le time & sales. Question d’adéquation et de personnalité. Je ne puis dire s’il s’agit de la meilleure approche en scalping mais c’est celle que j’ai adoptée.

Pour avancer, pour progresser et éventuellement gagner, il faut savoir sortir des chemins balisés. Les bonimenteurs sont extrêmement nombreux en ce domaine et souvent à l’image de ce qu’est le monde financier: un univers de prédateurs.

La seule et unique solution pour se détacher de la masse perdante est d’emprunter son propre chemin. Sentier Ô combien difficile et sinueux, mais nettement plus intéressant et rémunérateur qu’un cerveau phagocyté par le bien pensant et politiquement correct (un petit bonjour amical à l’ami Don Quichotte au passage).

Bref comme vous l’aurez compris et assimilé, il n’existe aucune méthode miracle ni aucun secret, juste du travail (beaucoup), de l’observation et du temps.

Je propose donc de vous présenter le carnet d’ordres et le tape, outils que j’utilise et qui répondent parfaitement aux besoins de réactivité du scalpeur.

Pour moi, le trading au carnet présente l’énorme avantage d’être en avance sur les analystes techniques. Contrairement à eux, nous pouvons observer l’intention des divers intervenants et l’importance de leur positionnement dans le marché. L’AT se basant principalement sur les données passées (graphiques et indicateurs), elle reste insuffisamment ancrée au présent.

Qu’est-ce que le carnet d’ordre?

Voici à quoi ressemble le CO (ou DOM pour Depth Of Market):

Carnet d'ordres

Le CO est composé de 3 parties.

En son centre, le prix affiché en vert correspond au ask et le prix en rouge correspond au bid. La différence entre les deux prix est ce que l’on nomme le spread. Ici il s’agit de 0.5 point (=1 tick FDAX). Cela signifie que si vous souhaitez vous positionner à l’achat vous ne pouvez le faire qu’au ask à 6932.5 et à l’inverse si vous souhaitez vous positionner à la vente vous ne pouvez le faire qu’à 6932.

La colonne « BUY » de gauche, vous permet en cliquant sur n’importe quelle case de poser un ordre généralement limit. Sous le « bid » il sera en attente, et au dessus il sera exécuté à la meilleure demande.

La colonne « SELL » de droite, vous permet la même chose, à la différence que tout ordre posé sous le « ask » sera exécuté à la meilleure offre.

Les chiffres qui apparaissent sur ces deux colonnes indiquent les 5 meilleures offres et les 5 meilleures demandes. Le 6ème chiffre indique le cumul des 5 chiffres (colonne « SELL »: 4+18+33+42+43=142).

Cela signifie que nous avons en premières lignes 17 acheteurs à 32 et 4 vendeurs à 32.5. Puis sur les secondes 23 acheteurs à 31.5 et 18 à 33 etc…

Le carnet permet donc de voir les intentions des divers intervenants. Ce n’est pas toujours le reflet de la réalité. Il arrive souvent que de fausses intentions soient montrées (par exemple un petit malin pourrait positionner un ordre de 100 contrats à la vente sur 33.5 afin d’inciter les autres opérateurs à spéculer à la baisse ou à les attirer sur ce niveau). Il s’agit là d’une forme de poker menteur avec des coups de bluff de temps en temps.

C’est pourquoi certains scalpers utilisent le tape afin de distinguer ce qu’il se passe réellement sur le marché.

Qu’est ce que le tape?

Tape reading

Le tape ou la fenêtre de time & sales permet de voir où s’exercent les pressions du marché.

Là également trois colonnes:

Celle de gauche indique l’heure à laquelle a été exécuté la transaction.

La colonne du centre indique à quel prix a été exécuté cette transaction.

Et la colonne de droite indique le nombre de contrats par transaction.

Il s’agira de configurer le tape de telle manière que l’on puisse distinguer aisément quelle est la tendance en cours et où a lieu un éventuel retournement.

En somme, en fonction de qui tape qui la tendance sera haussière ou baissière.

Sur ce graphique, afin de mieux distinguer les pressions sur le ask et le bid, j’ai coloré le ask en vert et le bid en rouge. Le vert clair étant un prix exécuté au dessus du ask (pression haussière accrue).

Bref, pour résumé, en vert, ça monte et en rouge, ça descend. Plus il y a de vert et plus la tendance est haussière. Simple non?

Mais généralement, il s’agira de filtrer ces données afin de distinguer les gros intervenants des petits spéculateurs.

J’ai donc une autre fenêtre time et sales qui ne me montre que les grosses mains. Pour ce marché (le DAX), j’ai une fenêtre qui m’indique uniquement les ordres supérieurs à 10 contrats et qui m’avertit également des très gros ordres (>50).

 

Les moyens:

 

Il s’agit là de minimiser au maximum l’impact des coûts liés à ce mode de spéculation. Les profits sont limités mais très nombreux. Cela oblige donc à recourir à des brokers proposant une haute vitesse d’exécution, un très bon flux ainsi qu’à des frais de transactions les plus faibles possibles.

Cela signifie qu’il faut sélectionner très soigneusement son courtier ainsi que le flux et la plateforme de passation d’ordres. Je vous invite à jeter un œil sur le comparatif de brokers situé sur mon blog.

Un investissement également à prévoir est bien sûr celui du hardware.

Je pense qu’un minimum de 2 écrans de 24 pouces est souhaitable afin d’afficher aisément carnets et tapes sur l’un et un ou deux graphiques sur l’autre. Personnellement, je n’utilise plus qu’un seul écran (bien que mon trading desk en comporte 6…).

Pas besoin d’une bête de course pour l’unité centrale, seules conditions préalables avoir suffisamment de RAM, un bon OS et un onduleur.

Je ne suis pas un expert en la matière, je m’abstiendrais donc de donner un quelconque conseil en matière de composants. Cependant, je ne puis que vous conseiller de monter vous-même votre ordinateur. Il n’est absolument pas utile de céder aux sirènes de la facilité en achetant des solutions soit-disant dédiées au trading et hors de prix. C’est du mercantilisme à outrance…

Ah! Et un portable en ordinateur de secours est un plus non négligeable.

 

Remarques:

 

Le scalping s’adresse t-il aux débutants?

Il s’agira déjà d’acquérir les bases. De découvrir les aspects théoriques, pratiques et surtout psychologiques des marchés . Cela demande du temps. Cela demande de l’argent.

Du temps, parce qu’il faut déjà apprendre au moins le fonctionnement des marchés (leur utilité, les échéances, les intervenants, les corrélations inter-marchés, l’importance des annonces en fonction des circonstances économiques et géopolitiques etc…) et puis il faut surtout assimiler la psychologie du marché, acquérir les réflexes. Tout cela ne s’acquiert qu’au fil du temps par la pratique, la pratique et la pratique.

Quant à déterminer la durée de cette phase d’apprentissage, tout dépend du capital, du talent, de la personnalité de chacun et surtout de l’adéquation avec la méthode employée. Une personne impatiente, pressée, nerveuse ne pourra jamais performer en faisant du swing trading. À l’inverse, quelqu’un de plus posé, de réfléchi ne sera pas forcément à l’aise en scalping.

La durée de formation coûte chère également. L’apprentissage se fait au prix d’une succession d’échecs. Et qui dit échecs dit pertes d’argent. Bien évidemment, il y a le mode simulation (=paper trading) que la plupart des courtiers proposent. La durée est variable et permet généralement d’apprendre à utiliser la plateforme de passation d’ordres voire de s’exercer sur sa méthodologie. Mais rien ne vaut le trading réel afin de bien comprendre et surtout de bien assimiler les pressions psychologiques liées au stress des pertes (avérées ou potentielles).

Cela signifie que si l’on débute, les erreurs peuvent entraîner des pertes très conséquentes voire d’annihiler tout le capital risqué (=ruine) et donc de décourager l’aspirant scalper.

Je dirais donc que n’importe qui peut débuter par le scalping mais à condition de détenir un minimum de bases théoriques. La simulation permettrait d’acquérir certains réflexes, d’assimiler ou de construire sa méthodologie et de constater ou non de son efficacité. Vous remarquerez le conditionnel de cette phrase. Je n’ai pas d’avis définitivement tranché à ce sujet.

Le scalping, comme tous les autres types de trading est étroitement lié au mental. Or un mental de spéculateur ne peut se forger qu’à partir de la confrontation en réel au marché  avec toutes les conséquences (peur, euphorie, manque de discipline, …) liées aux pertes inévitables. Acquérir suffisamment de confiance en soi est directement issu de la personnalité de chacun. Ce type d’acquisition fait, à mon sens, toute la différence entre un trader gagnant et un perdant.

Quel capital faut-il au minimum?

Là je parle bien du capital minimum pour scalper les futures.

Je pense que pour traiter UN contrat, il faut détenir au moins 3 fois la marge intraday requise. Cela permet de sécuriser les périodes de drawdown, de temporiser les journées où nous sommes en inadéquation avec le marché.

En fait, le capital requis dépend beaucoup du spéculateur, de sa psychologie, de sa disponibilité et de son talent.

Quels marchés viser?

Avant tout les futures. N’importe lesquels à condition qu’il y ait suffisamment de volatilité. Après, tout dépend des setups que vous utilisez. Certains fonctionnent mieux avec des carnets légers (comme le DAX, CL,YM..) et d’autres avec des carnets lourds (stoxx, T bonds…). Personnellement, je préfère les carnets légers.

Les actions également, pourvu qu’il y ait non seulement de la volatilité mais également de la liquidité. Ne traitant pas ce type de marché, je ne pourrais me prononcer. Je sais qu’il existe certains traders traitant les actions françaises (Vincent Baron) ou italiennes (David Biocchi) mais le marché américain me semble plus approprié (liquidité et volatilité).

Concernant le forex, ne sachant pas bien scalper en dehors du carnet d’ordres, je ne m’y risque plus. Il y a d’excellents scalpers sur le forex mais ils utilisent d’autres méthodes que je ne connais pas ou peu.

Pour conclure cette introduction au scalping, je terminerais sur une citation qui prend tout son sens lorsque l’on spécule sur les marchés financiers:

« Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. »

Henri Bergson

@+

PS: critiques bienvenues!

  • berdah
    #1 écrit par berdah  Il y a 1 an

    parfait

    berdah patrick

  • ForexAuto
    #2 écrit par ForexAuto  Il y a 8 mois

    Oui, mais il faut aussi distinguer scalping et scalping. Pour certains le scalping ne peut se faire qu’ avec des robots en M1. Alors que pour d’ autres, plus larges, en M15 manuel on est toujours dans du scalping…

    • Franck
      #3 écrit par Franck  Il y a 8 mois

      Disons qu’il y a la bonne et les mauvaises définitions…

  • vincent55
    #4 écrit par vincent55  Il y a 6 mois

    bonjour,
    suis nouveau sur ce forum car en tant que trader débutant, le scalping m’intéresse beaucoup :
    je viens de lire la présentation du SCALPING par Yquarius, qui me semble assez claire et concise, compréhensible (pour le débutant) dans l’ensemble.

    ce qui m’intéresse avant tout : c’est que le % de trades gagnants/jour semble très élevé. on rentre et on sort sur une valeur (ou sur un indice ou un fut) très rapidement (de quelques secondes à 1 minute) ce qui limite les pertes potentielles (comparé au day ou swing trading où la forte volatilité d’une valeur peut être un piège …)

    questions :
    1- Yquarius parle du scalping sur les futs, mais pourrait-on plus simplement scalper déjà les actions et les indices ? n’est-ce pas plus « simple » pour démarrer ?

    2- tu parles de problème de liquidité pour les marchés actions français : mais dans la mesure où on interviendrait sur les valeurs du SBF120 (et sur celles où il y a le + de volume) les marchés sont forcément toujours « liquides », donc où est le risque ?

    3- scalper à partir de l’analyse d’un CO et d’un Tape semble à priori plus « abstrait » et difficile à appréhender pour le profane, qu’à partir d’un graph (A.T) … est-ce qu’il n’existe pas un programme tout fait (où à paramétrer) qui donnerait directement les signaux d’achats/ventes pour se positionner en scalping ? ca simplifierait grandement le travail ?

    4- tu ne dis pas réellement quel capital il faut pour démarrer en scalping ?
    c’est vrai que ca dépend de beaucoup de facteurs : disponibilité, psychologie acquise des marchés, talent/expérience du scalpeur et niveau de prise de risque …
    mais par exemple : pour un trader débutant qui veut se lancer (doucement) dans le scalping et générer disons : 10 000 eur /jour de profit net, quel capital de départ faudrait-il selon toi ? pour combien de scalps journalier sur les marchés actions par ex ?
    juste pour avoir une idée (même approximative)

    5- pour un scalpeur qui effectue une centaine d’A-R par jour , cela doit en effet générer des frais de courtages importants ? comment palier cet inconvénient ?

    merçi à toi

  • Franck
    #5 écrit par Franck  Il y a 6 mois

    Bonjour,

    1) Une étude faite par l’AMF sur le HFT a établi que « 3 membres d’Euronext entrent à eux seuls, en compte propre, 50% des ordres sur actions du cac40″. Autant dire que, de mon point de vue, la lecture du carnet s’en trouve quelque peu faussée.

    2) Cf le point 1.

    3) Personnellement, je trouve qu’il est plus difficile de trader à partir d’un graph… Les programmes clefs en main existent. Mais ils ne sont pas à disposition du public.

    4) Tu le dis toi-même, le capital dépend de nombreux facteurs. De mon point de vue, il faut 2 fois la marge intraday par contrat traité.
    Quant à générer 10000€/jour, il ne faut pas rêver…
    Je ne puis me prononcer sur les actions, je ne spécule pas ce marché.

    5) Il faut trouver un courtier fiable proposant des commissions très basses.

    J’espère avoir répondu à tes questions.

    @+

  • Vous pouvez utiliser ces mots-clés HTML : <a> <abbr> <acronym> <b> <blockquote> <cite> <code> <del> <em> <i> <q> <strike> <strong>

  • Flux de commentaires pour cet article
Haut de page