J’ai déjà pondu un article à ce sujet mais comme j’ai tendance à vite me perdre dans mes circonvolutions pseudo intellectuelles, c’est l’occasion pour moi de faire le point et incidemment de soumettre mon point de vue à vos critiques.
Je reste toujours très partagé vis à vis de ce que l’on nomme « analyse technique ». En fait, il s’agit d’une matière qui regroupe une phénoménale quantité d’approches, toutes plus éclectiques les unes que les autres et clairement dogmatiques. Cela va des figures chartistes, en passant par les vagues d’Elliott et les fourchettes d’Andrews, les chandeliers japonais, la météo, l’horoscope (si!si! il existe même des logiciels pour ça… wave59 pour ne pas le citer). Bref un véritable fourre-tout.
Personnellement, je n’ai rien trouvé d’efficace en la matière. Un vaste charabia qui plait énormément sur le web (plus particulièrement les forums) et qui donne lieu à de féroces luttes partisanes. Il suffirait pourtant de poster une capture d’écran de ses résultats pour éteindre ce genre de conflits. Mais étrangement, personne n’y pense jamais. Si c’est pour l’anonymat, je me demande alors à quoi servent les pseudos. C’est peut-être pour le plaisir de se latter débattre…
Si vous avez une explication, je suis preneur.
J’ai ma propre théorie concernant l’AT. C’est un peu comme le web qui est passé du 1.0 au 2.0, ou comme l’homo sapiens sapiens qui a entamé sa mue pour devenir un homo sapiens internetus. L’AT 1.0 c’est toutes les merdouillettes approches citées un peu plus haut, dépassées par l’ère informatique, non prouvées, mais qui permet à n’importe qui de devenir expert en « art » graphique.
Non mais, très franchement, est-il vraiment raisonnable de définir l’orientation d’un support qui comporte des millions d’interconnexions à partir d’une simple fourchette? Je reste quelque peu sceptique.
L’AT 2.0 se montre en revanche nettement plus intéressante et autrement plus difficile à mettre en œuvre. L’objectif est d’utiliser des algorithmes mathématiques plus ou moins complexes afin de donner une réponse logique à une prise de position sur les marchés. Comme ces algorithmes sont issus des données brutes du marché, il ne s’agira plus de prédiction mais de suivisme et/ou de transition de phase, théorie applicable même sur du quasi aléatoire.
Cependant, je dois reconnaître que j’ai autant de difficultés à comprendre les théoriciens du random walk que les ATéistes 1.0. Malheureusement, je ne puis étayer ma vision du marché qu’à partir de ma pratique et de mes propres constats. Vous avez dit croyances?
Derrière chaque million d’opérations effectuées sur les marchés se cachent un intervenant, humain ou non, mais également des facteurs exogènes, ponctuels et/ou réguliers (tensions géopolitiques, marée noire, crise immobilière, déclarations politiques, annonces financières etc…), qui engendrent des réactions plus ou moins violentes orientant le marché.
Même constat avec les phénomènes de mode économique où l’on se focalisera plus sur tel indicateur économique ou tel marché, souvent en rapport avec la médiatisation continue d’un sujet fort (apple et son iphone, BP et sa marée noire, buffalo grill et ses vaches folles etc…).
Tout cela invalide à mes yeux la théorie de la marche au hasard, tout comme les analyses techniques prédictives sur la position du prix d’un support quelconque à moyen/long terme (un mois ou un an) et me porte à croire que les marchés tiennent plus de phénomènes sociaux, comportementaux que rationnels.
Néanmoins, comme je suis incapable de gérer des millions d’informations à la fois (je ne suis qu’un homo sapiens internetus 1.0), je suis donc obligé de me concentrer sur le factuel et donc sur les réactions binaires (achat/vente) de la majorité des opérateurs à l’instant t sur un ou plusieurs marchés.
De ces réactions, je vais extraire des algorithmes qui me permettront d’interpréter plus aisément les mouvements du marché. Et c’est uniquement à partir d’une approche quantitative qu’il est possible de valider ou non ses idées.
Dans le prochain article, je tenterais de formaliser l’idée générale d’une approche afin de pouvoir procéder au développement d’un système. Comme je suis totalement autodidacte en la matière, il s’agira là, bien évidemment, d’une introduction formelle et hautement critiquable (tout comme cet article).
